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Jean Louis Etienne Aventurier
Médecin, explorateur, il mène des expéditions à vocation scientifique et éducative pour faire connaître les régions polaires et comprendre le rôle qu¹elles jouent dans l¹équilibre climatique et écologique de la planète. Durant ces expéditions, des scientifiques de disciplines différentes, des techniciens et d¹autres profils travaillent ensemble pour la réussite d¹un même projet. Sa dernière expédition l¹a emmené à Clipperton, un atoll situé dans le Pacifique, à 1 300 kms à l'Ouest du Mexique, de décembre 2004 à avril 2005. Il possède un très beau film retraçant ses expéditions. L'année 2006 sera celle du lancement de la prochaine expédition au pôle Nord. L'objectif est de sillonner l'océan Glacial Arctique sur de grandes distances à l'aide d'un dirigeable pour mesurer l'épaisseur de la banquise qui souffre de plus en plus du réchauffement climatique. Un très beau projet qui se déroulera en avril 2007 au cours de l'Année Polaire Internationale.

Dominique DRON
Née en mars 1960, ingénieur en chef des Mines et ancienne élève de l’École Normale Supérieure, agrégée de sciences naturelles, Dominique Dron fut successivement chef du service Environnement Industriel en DRIRE/PACA de 1989 à 1992, directrice du programme « Déchets » puis directrice du développement de l’Ademe entre 1992 et 1994. Elle fut ensuite nommée de 1994 à 2000 Directrice de la cellule Prospective et Stratégie au ministère de l’Environnement, puis dirigea deux ans la première expertise collective environnementale de l’INRA. Rapporteur de la Commission française du développement durable de 1996 à 1999, Dominique Dron présida la Mission Interministérielle sur l’effet de serre de 2002 à 2004. Elle est également l’auteur de nombreux articles et ouvrages sur les interactions entre activités économiques et environnement.

Dialogue avec Dominique Dron Chargée du développement durable à l’Ecole des Mines de Paris


« Les entreprises doivent se préoccuper davantage de robustesse sociale et environnementale »


Les mentalités évoluent vis-à-vis de l'environnement. Mais les principales menaces sont-elles bien cernées ? 

Les quatre menaces majeures sont le changement climatique, l’érosion biologique, l’imprégnation chimique des milieux et des êtres vivants (dont nous-mêmes) et la raréfaction des ressources en eau. Dans chaque cas, il faut très vite réduire la pression. Ainsi un climat gérable suppose de ne pas dépasser 1,5 à 2°C de plus, donc de réduire de moitié les émissions mondiales de gaz à effet de serre en 50 ans, et de les diviser par 4 à dans les pays industrialisés. La mesure de ces dangers (dérive climatique, effondrements biologiques par destruction, surexploitation ou empoisonnement) n’a pas encore été vraiment prise, même si de plus en plus d’institutions et d’acteurs s’y penchent pour leur stratégie : réassureurs et grands investisseurs ont commencé à exiger des entreprises la réduction de leurs émissions et de leur vulnérabilité climatique ; les négligences environnementales et sanitaires sont de plus en plus lourdement sanctionnées par la justice. Un délai de plusieurs décennies entre un résultat scientifique et l’éviction de la substance incriminée, par les clients ou les états, devient peu probable.


Pourquoi l'industrie des copieurs et des imprimeurs doit-elle investir dans le développement durable ?

Prévention et adaptation concernent toutes les activités. Ici, elles sont liées au changement climatique : consommations énergétiques des produits et procédés, recyclage inclus, logistique, analyse du cycle de vie, robustesse thermique… L’imprégnation chimique intervient dans les produits en cours d’utilisation, en fin de vie et dans les rejets des procédés de fabrication. Les polluants diffus restent un facteur important affectant la qualité des eaux ainsi que l’érosion biologique. Le contraire de durable est « éphémère ». Le constat des impasses actuelles, qu’il s’agisse d’environnement, de fonctionnements sociétaux ou de risques économiques globaux, conduit peu à peu à de nouvelles aspirations des investisseurs pour leurs fonds. Les clients formulent de nouvelles attentes lors de leurs achats et les sociétés érigent de nouvelles sanctions. Après une prise de conscience assez lente, un basculement sociétal intervient vite. Or à l’aune des rythmes industriels, nos quatre défis imposent des révisions fortes. Et, entre temps, il devient nuisible d’être pris en défaut, par rapport à un concurrent ou à ses propres assertions, sur un critère relevant de préoccupations croissantes.


Actionnaires, clients et fournisseurs réclament toujours plus de rentabilité. Les projets respectueux de l'environnement ont-ils de bonnes chances d'aboutir ?

La rentabilité à 15 jours est certes peu compatible avec des soucis stratégiques même à 5 ans, ne serait-ce que pour la recherche ou le savoir-faire. Mais un fonds de pension ne peut conserver ses clients que s’il prouve qu’il peut survivre autant qu’eux : CalPers demande donc des comptes en matière de gaz à effet de serre et de vulnérabilité. Chaque mois, un nouveau système de classement fondé sur l’évaluation environnementale est proposé par un consultant ou par une banque. Et les Bourses sont friandes de critères de différenciation. Enfin, réduire la pollution ou les risques, c’est souvent gagner des consommations énergétiques, des matières premières, des frais de fonctionnement, parfois des primes d’assurance, de la tranquillité sociale, donc de la rentabilité et souvent de la notoriété.


Dans une économie mondialisée, comment parvenir à mener une politique industrielle à la fois globale et efficace pour l'environnement ?

Les exigences environnementales servent le progrès des techniques et celui des produits ; des retards environnementaux ont déjà été sanctionnés par les clients ou par les états. Ensuite, l’environnement menace globalement et vite les sociétés ainsi que l’espèce humaine. Comme le montre Jared Diamond dans son ouvrage « Effondrement » (Ed. Gallimard), l’ignorer « conduirait simplement (les dirigeants) à avoir le privilège de mourir de faim les derniers ». En Chine et en Inde, les dégâts de la pollution, du climat et de l’érosion sont perçus comme un handicap croissant pour le développement, car ils frappent la sécurité alimentaire et la santé des êtres humains, donc la force de travail et de créativité, ainsi que l’image du pays. Et continuer ainsi provoquera des conflits généralisés. En ce sens, le français « durable » et non « soutenable » ou « viable » est ambigu : certaines de nos logiques majeures de développement ne peuvent justement pas durer, car incompatibles avec notre propre survie. Y répondre implique, outre la créativité locale, des règles du jeu internationales qui traduisent pour le langage (assez théorique) de l’économie la réalité très concrète de ces impasses.


Comment réussir la transition ?


Le premier principe est le réalisme, qui distingue les facteurs que l’on peut modifier de ceux sur lesquels on ne peut rien. Les lois physiques et biologiques font partie des seconds ; tout le reste est adaptable : nos techniques, nos comportements, nos organisations, et bien sûr nos conventions de calcul, tous outils imprégnés des visions du XIXème siècle occidental. Ecoutez Jean-Baptiste Say : « Il faut entendre par (utile) tout ce qui est propre à satisfaire les besoins, les désirs de l’homme tel qu’il est » et « Si les biens naturels n’étaient pas inépuisables, nous ne les obtiendrions pas gratuitement» : comment la fiction peut gommer la réalité… Il faut choisir entre un « réajustement spontané » sauvage des déséquilibres actuels, et une anticipation volontaire, certes drastique mais à peu près contrôlable. Les entreprises, acteurs lourds des conditions de notre existence sur la planète, en positif et en négatif, devront se préoccuper davantage de la robustesse sociale et environnementale des territoires : a contrario, que pourrait en effet réussir une entreprise sur des territoires désorganisés socialement et désertifiés biologiquement ? C’est tout un univers à réinventer, et c’est en partie le métier des entreprises.


Nicolas ANGEL 

Journaliste, animateur, après le grand reportage et la présentation des journaux sur la première radio de France (RTL),  il  a assuré pendant plus de 15 ans, la responsabilité des chroniques consacrées à l’innovation sur France 2, et la Cinq, Actuellement collaborateur du "Magazine de la Santé au Quotidien" sur France 5, il présente également "Parlons Conso" sur France 2. Informatique, téléphonie, nouveaux matériaux, domotique, santé et automobile, il a suivi leurs révolutions technologiques et leurs répercussions sociétales. Observateur privilégié de ce secteur économique en perpétuelle évolution il explique de façon didactique et conviviale aux téléspectateurs et auditeurs, l’intérêt, l’usage et le mode d’emploi de ces nouvelles technologies et de ces produits de la nouvelle société de consommation. Parallèlement il s’est immergé au cœur des entreprises en apportant son concours de Conseil en Communication et d’animateur lors de réunions d’information, de forum, de débats, et de grandes conventions.

 

 

 

     
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